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2017 - mars / avril - Clameurs
Après "Jeunes et engagés", le webdocumentaire présentant la doctrine sociale de l'Eglise à travers le témoignage de jeunes qui la font vivre au quotidien, le Ceras vient de mettre en ligne ce 13 mars 2017 la première partie de "Clameurs", une websérie présentant l'encyclique Laudato Si'. lire la suite...
2017 - mars - Du côté du bouddhisme... une nouvelle approche pour l'économie
Depuis 2013, l'université de Berkeley propose à ses étudiants un enseignement de "Buddhist economics" ou l'application de principes bouddhistes à l'économie. Cette nouvelle discipline était l'objet du "billet économique" de Marie Viennot, ce 6 mars 2017, sur France culture. lire la suite...
2016 - septembre - Une nouvelle édition annotée de « La joie de l’amour »
L’exhortation apostolique 'Amoris laetitia' a surpris par sa liberté de ton, la nouveauté de ses perspectives et sa largeur de vue. lire la suite...
2016 - septembre - Laudato Si', en marche vers la conversion écologique
Le n°7 de "Documents Episcopat", de septembre 2016, revient sur l'encyclique Laudato Si' pour en fournir des clés de lecture et dégager des pistes d'action. lire la suite...
2016 - septembre - Accueillir l’étranger : une mission éducative
les Jésuites de la Province de France viennent d’éditer une brochure avec, en exergue, cette phrase : « Scolariser ses enfants chez les jésuites, c’est vouloir leur ouverture au monde. lire la suite...
2016 - 21 juin - L'extrême droite progresse
Comment réagissent nos politiques ? lire la suite...
2016 - 13-17 juin - Conférence en ligne sur Laudato Si'
Conférence en ligne : http://laudatosiweek.org/index.php/onlineconference/ lire la suite...
2015 - avril - Jeunes et engagés - Portraits d'une Église qui (se) bouge
Le Ceras a lancé en avril 2015 un webdocumentaire inédit sur la doctrine sociale de l'Eglise. lire la suite...

Du côté du bouddhisme... une nouvelle approche pour l'économie

2017 - mars

Depuis 2013, l’Université de Berkeley propose à ses étudiants un enseignement de « Buddhist economics » ou l’application de principes bouddhistes à l’économie.

Cette nouvelle discipline était l’objet du « billet économique » de Marie Viennot, ce 6 mars 2017, sur France culture. Elle vaut la peine d’un petit détour : https://www.franceculture.fr/emissions/le-billet-economique/sauver-le-monde-avec-les-buddhist-economics

Ce regard venu de l’Orient vient remettre en cause le paradigme économique habituellement à la base de nos choix et pourrait nous aider à dépasser les impasses dans lesquelles les théories néo-classiques nous plongent (croissance des inégalités, destruction des ressources naturelles, insatisfaction liée au consumérisme…).

A la base, trois principes anthropologiques bouddhistes :

  • L’homme est naturellement altruiste

  • Les hommes sont interdépendants

  • Ils ne dominent pas la nature mais sont connectés à elle.

Nous sommes bien loin de la conception classique appuyée sur la « foi » en un bien-être « du plus grand nombre » assuré par la recherche individuelle, sinon égoïste, de son propre intérêt.

En respectant les présupposés des « Buddhist economics », l’homme ne saurait accepter un modèle économique qui engendre des inégalités et détruit la nature. Comme le répète Clair Brown, qui enseigne cette éthique économique à Berkeley, l’économie classique se base sur le revenu mais ne mesure pas les interactions humaines, qui donnent du sens à nos vies. Elle s’appuie sur le PIB qui mesure la production mais ignore les conditions de cette production et les bienfaits ou les dégâts qu’elle engendre. La seule mesure de la richesse ne peut prendre en compte l’interdépendance, le partage et le bonheur qui en résulte dans la perspective d’une économie juste et durable.

Dans la vision bouddhiste, l’homme cherche son bonheur mais il ne confond pas celui-ci avec la croissance et la consommation. Au contraire, le bouddhisme invite à sortir du cycle sans fin des désirs et à économiser les moyens, assuré qu’il y a là le chemin d’une vie plus signifiante et heureuse. Le bouddhiste recherche une satisfaction très grande avec des moyens limités. Il n’a pas besoin d’un revenu, individuel ou collectif, toujours plus important. Limiter la production tout en cherchant un bonheur plus grand et plus partagé n'appelle t-il pas à explorer des pistes pour donner moins d’importance à la richesse matérielle dont on sait bien qu’elle ne pourra croître sans conduire à de nouveaux dégâts écologiques et sociaux ? Les « Buddhist economics » ne prônent pas une vie de privation mais une préférence donnée aux hommes, à leur qualité de vie et à leurs relations, sur les biens matériels.

Les travaux des économistes inspirés par cette pensée rejoignent ainsi les recherches de nouveaux indicateurs de développement et de bien-être qui se démarquent du seul PIB et du calcul de la croissance (Amartya Sen, Jeffrey Sachs…). Le choix du Bhoutan, où le bouddhisme est religion d’Etat, d’appuyer ses politiques sur un indicateur alternatif, le « bonheur national brut », est révélateur1.

Le bonheur n’est pas au fond du caddie, quoi qu’en dise les publicistes…

 

La réflexion des « buddhists economics » fait écho à celle du Pape François dans Laudato Si'', critiquant le paradigme techno-économique basé sur le consumérisme que nous avons tant de mal à remettre en question au moment même où nous en percevons toutes les limites. La recherche d’un bonheur plus grand avec des moyens limités, que préconise la pensée bouddhiste, résonne étonnamment avec l’affirmation de LS 203 : « Nous possédons trop de moyens pour des fins limitées et rachitiques ». Le consumérisme se trompe de bonheur et s’arrête en chemin en inversant les moyens et la fin.

1P. Viveret, H. et W. van Willenswaard, Bhoutan : c'est quand le bonheur ?, Revue Projet n°331, octobre 2012

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